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Comment faire une soumission en construction au Nouveau-Brunswick (modèle + erreurs à éviter)
Une soumission, ce n'est pas un prix griffonné au dos d'une carte d'affaires. C'est le document qui décide si vous obtenez le contrat, à quelles conditions, et si vous serez payé sans discussion à la fin. Au Nouveau-Brunswick comme ailleurs en Atlantique, la plupart des conflits entre un entrepreneur et son client viennent d'une soumission incomplète, pas d'un mauvais travail.
Voici ce qu'une bonne soumission contient, section par section, avec un exemple chiffré, puis les erreurs qui coûtent le plus cher.
Ce qu'une soumission doit contenir
Peu importe le métier, une soumission complète répond à six questions : qui, quoi, combien, quand, à quelles conditions, et qu'est-ce qui n'est pas inclus.
- Vos coordonnées et celles du client. Nom de l'entreprise, adresse, téléphone, courriel, numéro de licence ou d'enregistrement s'il y a lieu, preuve d'assurance responsabilité. Côté client : nom, adresse des travaux, langue de communication.
- Un numéro et une date. Une soumission numérotée (SOU-0042) se retrouve, se compare et se cite. La date de validité protège vos prix : « valide 30 jours » est la norme dans un marché où le bardeau et le cuivre bougent.
- La description des travaux par section. Démolition, matériaux, main-d'œuvre, sous-traitance, permis. Un client comprend un montant qu'il peut lire ligne par ligne ; il négocie un montant global.
- Les quantités et les unités. Pieds carrés, pieds linéaires, heures, unités, forfait. Une quantité écrite est une quantité vérifiable — par vous comme par lui.
- Les taxes détaillées. Au Nouveau-Brunswick, c'est la TVH à 15 %. Elle s'affiche séparément du sous-total, jamais « incluse » dans un prix rond.
- Les conditions et les exclusions. Acompte, calendrier de paiement, délais, ce qui arrive en cas d'imprévu, et surtout ce qui n'est pas compris.
Modèle : une soumission de couvreur, ligne par ligne
Prenons un cas courant : la réfection d'une toiture de bungalow à Bouctouche, environ 2 200 pi², une couche de bardeaux à arracher, pente 4/12.
| Section | Description | Qté | Prix | | --- | --- | --- | --- | | Préparation | Arrachage d'une couche de bardeaux et disposition | 2 200 pi² | 2 970,00 $ | | Matériaux et pose | Bardeaux architecturaux, sous-couche synthétique, clous | 2 200 pi² | 12 650,00 $ | | Matériaux et pose | Membrane glace et eau, 3 pi au bas des versants | 180 pi lin. | 810,00 $ | | Accessoires | Remplacement de 2 évents de toit | 2 | 260,00 $ | | Accessoires | Solin de cheminée neuf | 1 | 425,00 $ | | | Sous-total | | 17 115,00 $ | | | TVH (15 %) | | 2 567,25 $ | | | Total | | 19 682,25 $ |
Ce qui rend ce tableau efficace :
- Chaque ligne a une quantité. Si le client demande « pourquoi 2 200 pieds carrés ? », vous avez la réponse (mesure sur place, ou plan).
- Les accessoires sont séparés. Le client voit que les évents et le solin ne sont pas « cachés » dans le prix du bardeau. S'il veut les retirer, la discussion porte sur 685 $, pas sur 19 000 $.
- La taxe est explicite. Personne ne découvre 2 567 $ de plus le jour de la facture.
Sous le tableau, trois paragraphes courts complètent le document.
Conditions. Acompte de 20 % à la signature pour commander les matériaux, 70 % à la fin des travaux, 10 % à la satisfaction (dans les 7 jours). Début prévu la semaine du 15 septembre, durée 2 à 3 jours selon la météo.
Exclusions. Remplacement du contreplaqué pourri (facturé 95 $ la feuille si nécessaire, avec photo avant remplacement). Réparation de la ventilation intérieure. Nettoyage des gouttières autre que les débris de chantier.
Validité. 30 jours. Prix des matériaux garantis à la commande.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
1. Un montant global sans détail
« Toiture complète : 18 500 $ ». Le client compare ce chiffre à celui du voisin qui a payé 15 000 $ pour un toit plus petit sans membrane ni solin. Vous perdez le contrat sur une comparaison fausse — ou vous le gagnez et vous vous battez sur ce qui était compris.
2. Les exclusions dans votre tête
Vous saviez que le contreplaqué n'était pas inclus. Le client, lui, a lu « toiture complète ». La phrase « je pensais que c'était compris » est la source numéro un des factures impayées. Écrivez les exclusions ; c'est ce qui vous protège le plus pour le moins d'effort.
3. Une soumission envoyée trois jours trop tard
Le client qui demande trois prix signe souvent avec le premier qui répond sérieusement. Une soumission envoyée le soir de la visite, pendant que le besoin est chaud, part avec une longueur d'avance. Si votre processus vous force à rentrer au bureau, ouvrir un tableur et retaper vos notes, vous perdez cette avance chaque semaine.
4. La taxe oubliée ou « incluse »
Un prix « TVH incluse » sur une soumission de 19 682 $ paraît plus cher que « 17 115 $ + taxes » chez le concurrent — même si c'est le même montant. Et si vous n'êtes pas inscrit à la TVH (petit fournisseur sous 30 000 $ de ventes taxables), dites-le clairement plutôt que de laisser un doute.
5. Aucune trace de l'acceptation
Un « OK vas-y » par texto ne dit pas quelle version de la soumission a été acceptée, ni si le client a vu les exclusions. Une acceptation datée, sur la version finale du document, avec un nom et un consentement écrit, règle 90 % des discussions avant qu'elles commencent.
6. La quantité inventée
Vous n'avez pas mesuré le solin ; vous mettez « 1 forfait ». Sur place, c'est trois fois plus long. Une quantité que vous n'avez pas est une question à poser, pas un chiffre à deviner. Notez-la comme telle dans la soumission (« à confirmer sur place ») ou réglez-la avant d'envoyer.
Une méthode qui tient dans une visite de chantier
La bonne nouvelle : tout ce qui précède peut se faire en une visite, si vous capturez l'information au bon moment.
- Sur place, décrivez les travaux à voix haute comme vous le feriez au client : surfaces, quantités, accès, contraintes, ce que vous ne ferez pas. Prenez deux ou trois photos.
- Structurez tout de suite, pendant que c'est frais : une ligne par élément, une quantité par ligne, vos prix de bibliothèque, la taxe de la province.
- Relisez ce qui est incertain : les lignes où vous avez estimé, les questions que vous n'avez pas posées.
- Envoyez le soir même, avec un lien où le client peut lire, télécharger le PDF et accepter avec une signature datée.
C'est exactement le parcours que Devik automatise : vous dictez la visite dans votre téléphone, l'IA structure la soumission avec votre bibliothèque de prix et la TVH du Nouveau-Brunswick, marque les lignes à vérifier, liste les questions ouvertes — et n'invente jamais une quantité. Le client reçoit un lien, lit la soumission dans sa langue et signe en ligne. Vous êtes notifié à la minute.
Vous n'avez pas besoin d'un logiciel pour appliquer la méthode. Mais si vous faites plus de deux soumissions par semaine, le temps gagné entre la visite et l'envoi est le vrai gain : c'est là que les contrats se signent.
Pour voir un exemple concret dans votre métier : électriciens, plombiers, couvreurs, peintres, paysagistes et excavation. Et pour les taxes des autres provinces, lisez TVH, TPS/TVQ : les taxes sur vos soumissions par province.