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L'acompte : combien demander, et comment le formuler

Financer le matériel d'un client avec son propre compte de banque est le mode par défaut d'une bonne partie des entrepreneurs. Ce n'est pas une fatalité, et ce n'est pas une question de rapport de force : c'est une question de formulation.

Un acompte n'achète pas de la confiance, il achète du matériel

C'est la phrase qui change tout. « Je demande 30 % d'avance » sonne comme une méfiance. « 30 % à la signature pour commander le panneau et la borne » énonce un fait : la matière se paie avant d'être posée, et l'argent sert à ça.

Le client ne discute presque jamais un acompte dont il comprend l'usage. Il discute un acompte qui ressemble à une avance de trésorerie.

Le vrai déclencheur du refus : le moment

Ce n'est pas le montant qui fait fuir, c'est de l'apprendre après avoir dit oui. Un acompte annoncé dans la soumission, à côté du total, passe. Le même acompte annoncé par téléphone trois jours plus tard réveille tous les doutes qu'on croyait éteints.

Écrivez-le dans le document, avec le solde dans la même phrase :

30 % (1 245,45 $) à la signature pour commander le panneau et la borne. Solde (2 906,05 $) à la fin des travaux, après inspection. Paiement par virement Interac, chèque ou carte.

Trois lignes. Elles règlent le montant, l'échéance et le moyen — les trois questions que le client se poserait tout seul, dans cet ordre.

Combien demander

Il n'y a pas de règle universelle, mais il y a une logique : l'acompte devrait couvrir ce que vous avancez, pas votre profit.

  • Chantier où la matière domine — panneau, borne, fenêtres, plancher : l'acompte suit le coût de la matière, souvent 30 à 50 %.
  • Chantier surtout en main-d'œuvre — peinture, finition, réparation : un acompte plus modeste, ou pas d'acompte du tout sur un petit montant.
  • Chantier long — mieux vaut un échéancier qu'un gros acompte : 30 / 40 / 30 répartit le risque des deux côtés.

Un acompte qui dépasse largement le coût de la matière est difficile à justifier, et c'est celui qui fait appeler un deuxième entrepreneur.

Le piège qui coûte 15 %

C'est l'erreur la plus fréquente quand on découpe un contrat à la main. On prend le total taxes comprises, on en fait 30 %, puis on facture ce montant comme un montant hors taxes — et on ajoute la taxe dessus.

Sur un contrat de 20 000 $, la somme des factures dépasse le contrat d'environ 15 %. Le client s'en aperçoit à la dernière facture, et il a raison de le mal prendre.

La règle : on découpe le montant hors taxes, et la taxe se calcule ensuite sur chaque étape. La somme des factures doit égaler le contrat, au cent près.

Se faire payer l'acompte tout de suite

Un acompte accepté en principe et payé trois semaines plus tard n'a rien financé. Le moment où le client est le plus disposé à payer est celui où il vient de signer — pas le lendemain, pas au retour de vacances.

Dans Devik, l'échéancier se pose sur la soumission, et la première étape est facturée au moment de la signature : le client signe et paie dans le même geste, par virement Interac ou par carte. Payer reste facultatif — sa signature est valide quoi qu'il arrive —, mais le chemin est là, au bon moment.

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